La troisième bulle

LA SANTÉ

ENTRE L'IGNORANCE ET LA CONNAISSANCE, IL Y A L'OPINION

La troisième bulle


Le terme n’est pas nouveau mais on l’emploi de plus en plus. Bulle techno, bulle immobilière, etc… Bien sûr, depuis quelques mois, la bulle financière est en vedette. Déjà 700 milliards ont été déboursés pour tenter de réparer les bêtises de nos banquiers, mais à Washington, on dit déjà que c’est au moins 2000 milliards qu’il faudra pour que la situation puisse commencer à se redresser.

Cette crise a relégué aux oubliettes une autre bulle qui est sur le point d’éclater; la bulle environementale. Plus personne ne parle de dérèglement climatique, mais tout ça est sur le point de nous péter à la figure.
Augure de malheur ? peut-être, mais c’est aussi ce qu’on disait à ceux qui prédisaient la crise imminente du secteur financier.
Évidemment, dans ce cas-ci, c’est l’industrie des combustibles fossiles qui est en cause. Les Exxon de ce monde qui voient en plus, le fabuleux marché asiatique et ses milliards de futurs consommateurs s’ouvrir devant eux.

Selon moi, il existe une troisième bulle qui pointe à l’horizon. Je ne sais pas quand elle éclatera ni comment cela se manifestera, mais cette bulle est bien réelle. Il s’agît de la santé. Je ne parle pas ici du système de santé, mais de la Santé avec un grand S, érigée en système. Je parle en fait de l’industrie pharmaceutique et de ses alliés objectifs. Il suffit de regarder la télé américaine à certaines heures du jour pour s’en convaincre; uniquement des pubs de médicaments ou d’appareils d’exercices de plus en plus ridicules. Une véritable mine d’or à n’en pas douter, et une clientèle cible vulnérable, prêt à croire n’importe quoi qui lui donnera l’illusion de pouvoir vivre jusqu’à 101 ans et en bonne santé.

Le Dr Michel De Lorgeril, cardiologue depuis 30 ans et chercheur au CNRS de Lyon vient de publier un ouvrage au titre provocateur : Cholestérol, mensonges et propagande. Il y soutient que le cholestérol n’est pas responsable des infractus et que les médicaments pour le combattre, en plus d’être inutiles, ont des effets secondaires méconnus qui pourraient aller jusqu’à favoriser l’apparition de certains cancers. Il pointe évidemment du doigt la convoitise des compagnies pharmaceutiques, le laxisme des organismes de protection de la santé, et l’apathie des médecins et chercheurs, ces derniers étant davantage préoccupés par leurs subventions que par la science.

Quelqu’un a déjà dit que pour une compagnie pharmaceutique, les deux pires choses qui pouvaient se produire en mettant un nouveau médicament sur le marché est qu’il tue les malades ou qu’il les guérissent. Les milliards de profits proviennent en fait des médicaments qui préviennent les symptômes de maux chroniques (cholestérol, hypertension, etc.) Ils doivent être consommés quotidiennement et toute la vie durant.

Reste-t-il encore quelque naïf pour croire que les dirigeants de ces multinationales ont davantage d’éthique et de souci du bien public que ceux de Wall street ou des sables bitumineux ? Quelqu’un croit-il encore, après le laisser aller et le copinage flagrant des politiciens envers les grands banquiers, que le gouvernement exerce un contrôle serré sur les essais cliniques qui précèdent la mise en marché des médicaments ? Signalons du reste que la FDA (organisme américain qui autorise les nouveaux médicaments) est entièrement financée par les compagnies qu’elle doit surveiller.

Je regarde autour de moi, et mis à part quelques exceptions, je vois les gens de la parenté mourir à un âge qui précède de beaucoup cette fameuse espérance de vie. Je vois la baisse du système immunitaire et de la fertilité. Que nous réservent les baby boomers qui arrivent à la soixantaine ? Une autre belle grosse bulle ?





- Ben (13 avril 2009)

Commentaires

La seconde pilule

À ceux qui demandent pourquoi les médicaments coûtent si cher alors qu'une pilule ne coûte que quelques sous à produire, on peut répondre que la seconde pilule coûte quelques sous, la première elle, coûte quelques millions, en recherche et développement.

Science et Affaires

Pour revenir sur la question de la 'Bulle Santé', la toute première chose qu'il faut réaliser c'est que, à quelques exceptions près, SCIENCE ET AFFAIRES ne font vraiment pas bon ménage. Ça je l'ai réalisé dès mon entrée dans le monde de l'industrie médicale... Dès qu'on ajoute une composante 'profit' dans un projet de recherche ou dans le développement d'un produit, on ajoute un nombre infini de biais. Pour avoir été moi-même directement responsable de mon propre projet de recherche à travailler en moyenne 9-10 hres par jour et ce, sous la supervision d'un directeur qui ne travaillait pas l'diable moins (avec un salaire décent je ne le nie pas), je peux vous dire que dans le monde de l'industrie, contrairement au monde académique, L'INTÉGRITÉ est une qualité qui se fait très rare. Pas qu'il n'y ait pas eu de scandale dans le milieu académique (l'affaire Poisson et les résultats falsifiés de femmes atteintes de cancer du sein, par exemple) mais quand ça arrive, la motivation en est souvent une reliée à la réputation, au désir d'être le meilleur et pas nécéssairement (ou exclusivement) reliés aux gros $$$.

Ceci étant dit, c'est quand même, selon moi, tout aussi pathétique. Comme je l'ai dit auparavant, j'ai été plusieurs fois ébranlées dans mes convictions profondes - résultats falsifiés ou en tout cas très, très bien tournés, patients recyclés, marketing aberrant, etc...
C'est pourquoi j'ai trouvé un bon milieu dans le monde du diagnostic mais maintenant que la compagnie grossit, on peut voir de plus en plus quelques-unes de ces pratiques 'douteuses' et ce, surtout aux États-Unis (quelle surprise!!). Mais mon emploi et ma position me donnent une liberté qui me permet de contrôler ce que je dis à mes clients. Ce qui est désolant c'est de voir qu'en 2009, même la recherche fondamentale est de plus en plus sous l'ombrelle des gouvernements donc, le résultat est que l'on voit de plus en plus de mauvaises recherches, résutats ou études bidons. Même les chercheurs doivent se prostituer, ceux qui restent intègres meurent de faim. Il faut dire que les gouvernements sont aussi ceux qui décident où ira l'argent, alors c'est le cancer, le SIDA, les maladies cardiaques, le diabète; plus le marché potentiel est grand, plus c'est attrayant...

En attendant, on produit de plus en plus d'étudiants de recherche médiocres qui ne savent pas penser, qui font des études supérieures parce que c'est la tendance, qui n'ont aucune rigueur, et encore moins d'intégrité scientifique. Ces gens se retrouvent ensuite dans l'industrie à courir les gros $$$. D'un autre côté on blâme les pharmaceutiques de faire des millions de dollars et ce, parce qu'ils dépensent d'autres millions à leurs campagnes de marketing qui aideront à la vente de leurs pilules de toutes sortes. Mais il faut garder en tête que le développement d'un produit ça prend du temps, beaucoup de temps, donc de l'argent, encore plus d'argent! Oui des médicaments il y en a des bons, des efficaces, des essentiels. Oui des chercheurs il y en des bons, des efficaces, des essentiels. Oui des compagnies il y en a des bonnes qui font de bons produits basés sur de la bonne recherche. Mais tout ce bon monde est parfois dilué dans une mer de petites crapules, qui le plus souvent, se retrouvent dirigeants. Beaucoup d'argent passe au profit de mauvais produits et malheureusement, au détriment de bons produits.

Ceci étant dit, pourquoi attendre d'avoir des problèmes de santé, obésité, cholestérol, angine, pression, cancer (de plus en plus d'études démontrent que certains moyens aident à prévenir certains cancers et quand on pense à la division cellulaire et à la sélection naturelle, c'est très logique mais bon, ceci pourrait faire l'objet d'une chronique scientifique future), avant d'adopter de bonnes et saines habitudes de vie? Peut-être bien parce que ces compagnies nous font croire qu'avec LA pilule qu'ils vendent, on peut continuer à surexploiter notre corps (comme on surexploite notre planète!) et au moment venu, une petite pilule orange, bleue, rose, sera LA solution à tous nos maux.

Ou encore est-ce la pensée magique, du genre 'ÇA ARRIVE SEULEMENT AUX AUTRES'?? Mais que voulez-vous, LA PRÉVENTION apparemment ce n'est pas assez profitable... Que feraient nos pauvres médecins si tout le monde était en santé? Que feraient ces pauvres compagnies pharmaceutiques si tout le monde était en santé? Et les gouvernements, dans tout ça? Les maladies chroniques (ou syndromes) sont ce qui coûte le plus cher mais ce qui rapporte le plus également, alors pourquoi s'en priver?



Bulle santé

À ceci je pourrais ajouter qu'en tant qu'infirmière je me questionne sur les motivations réelles des chirurgiens. Est-ce toujours le bien de patients? Nous opérons des patients qui ressemblent par moment davantage à des cadavres ou bien nous transplantons des organes de qualité questionnable. On dit des chirurgiens cardiaques qu'ils vont presque chercher leurs patients sur la rue.
Par contre, si demain on disait qu'Hans fait du cholestérol, je voudrais qu'il arrête de fumer, qu'il fasse plus de sport, qu'il mange mieux mais aussi qu'il prenne du lipitor car des pontages j'en vois plein et ce n'est pas sans risque non plus.

Les bulles

Premièrement, disons que Barrack Obama a décidé de faire de l'environnement un enjeu et de l'utiliser comme facteur à la reconstruction de l'économie américaine. Les USA, c'est quand même un gros joueur dans cet enjeu et un engrenage important dans le méchanisme de sauvetage de la planète... Trop tard peut-être. En plus, il est là pour huit(8) à dix(10) ans seulement.
Pour ce qui est de la bulle (S)anté, quoi de plus vrai. À part les habitudes de vie qui peuvent vraiment faire la différence, les médicaments et autres pillules, semble-il, donnent des résultats mitigés... À part les énormes profits. Pour un temps disons que l'industrie pharmaceutique va en faire encore plus.
Il est, cependant, risqué de parler de ce sujet avec deux immuno/micro-bio dans les parages... Il faut dire, à la défense des acteurs dans cette industrie, que les médicaments et les pillules agissent souvent comme régulateurs et non comme cure. Pour que les effets soit probants, -- comme tu le dis, ils doivent être consommés régulièrement -- Bon là, on pourrait faire un débat très fastidieux, et Mélanie me pendrait.
La mort, une fatalité que chaque individu a, au moins, un jour rêvé d'éviter ou repousser. Les capitalistes ont tôt fait de voir le magot qui se profilait.

Pfizer achète Wyeth pour + de 80 milliards. Ça va dans le même sens que le point soulevé par Mélanie antérieurement. Ils se départissent de 8000 sous-fifres aussi... Mais ça on le savait déjà. Wow!!! Quel monde de débiles!

Des immunos dans la famille

Bien sûr, quand je dénonce les pharmaceutiques, ce ne sont pas les employés que je vise; la responsabilité est à la fois bien au-dessus d'eux et également dans la complaisance des gouvernements et de ceux qui les élisent.
Par ailleurs, j'ai travaillé pour une banque sans jamais perdre mon esprit critique face au monde de la haute finance. Je crois qu'ils pourront nous donner un point de vue intéressant de là où ils sont placés.

Vous pourriez être surpris

Je n'ai malheureusement pas le temps de vous exposer mon opinion parce que je pars ce matin pour Toronto. Youppi, un autre voyage!!
Par contre, vous seriez surpris, Hans-Da surtout (!!!) de voir que j'ai pas mal la même idée que vous sur le sujet. Ce n'est pas pour rien que je ne suis plus dans le domaine pharmaceutique... Aussi, Ewan travaille oui pour une pharma, en fait c'est plutôt une biopharma, ce qui peut sembler être la même chose mais les différences, même si elles sont subtiles, sont bien réelles. Vous l'aurez compris que Ewan travaille également dans le traitement du cancer qui est en fait très loin des médicaments presque 'faussement prophylactiques' que sont les anti-hypertenseurs, anti-cholestérol et cie. Oui, on peut aussi débattre sur l'allongement de la vie des patients cancéreux, est-ce vraiment nécéssaire, etc... etc...? Je crois qu'ici le sujet est beaucoup plus sensible et délicat pour nous les 'en santé' de trancher. Je vous reviens là-dessus.