LA NATURE |
ENTRE L'IGNORANCE ET LA CONNAISSANCE, IL Y A L'OPINION
La fin du Monde
Le sujet semble être dans l'air du temps. Sans doute le calendrier Maya a-t-il quelque chose à y voir. Il s'arrête au 21 décembre 2012. Il n'en fallait pas plus pour que les plus superstitieux d'entre nous y voient un signe de la fin des temps. Hollywood, en mal de films catastrophes depuis le 11 septembre, a vite récupéré la chose et s'apprête à sortir une méga-production inspirée du fameux calendrier. Le 20ième siècleJe suis né vers le milieu de ce que l'on a longtemps appelé le siècle du progrès. Un siècle qui a vu deux guerres mondiales, une pandémie qui a fait 50 millions de morts, une dépression économique qui a duré près de vingt ans et une guerre froide interminable qui a fait plané la menace d'un holocauste nucléaire sur le monde. Malgré tout, une espèce de vent d'optimisme semble avoir traversé cette période trouble. Peut-être que les progrès techniques sans précédents dans l'histoire y sont pour quelque chose. L'automobile, l'électricité, l'avion, le téléphone, la radio, le cinéma, la télévision, jamais l'humanité n'a vu sa vie changer autant dans un si court laps de temps. Le monde est passé, en quelques dizaines d'années, d'un mode de vie presque inchangé depuis la nuit des temps, au confort du monde moderne. La science omnipotenteJe me rappelle avoir grandi avec cette idée, véhiculée par tous à l'époque, que quel que soit le problème, la science et la technologie en viendrait à bout. À tous les maux, on finirait par trouver une pilule. On se voyait en l'an 2000, jeunes retraités, partant se balader le dimanche avec notre voiture volante. Pour sûr que nous irions passer nos vacances dans l'espace, et pourquoi pas sur Mars. Le cancer ne serait que de l'histoire ancienne et peut-être même aurions-nous trouver un remède contre le vieillissement. La science avait réponse à tout. Sa puissance destructrice par la fission de l'atome n'avait d'égal que son potentiel de régler tous les problèmes facilement et sans douleur. Le début ou la fin ?Certains prétendent que les événements du 11 septembre 2001 marquent la fin du siècle le plus violent de l'histoire de l'humanité. Je crois pour ma part, comme d'autres, que c'est la façon qu'a trouvé le destin de nous dire bienvenue au 21ième siècle. Il ne serait d'ailleurs pas surprenant que la répétition ad nauseam des images nous montrant ces deux tours, symboles suprêmes de notre société moderne, s'écrouler sous nos yeux, ait contribuer à imprégner l'inconscient collectif d'un sentiment de fin du monde. D'autant plus que cette catastrophe a été rapidement suivie d'autres de nature différente mais tout aussi spectaculaires. On a d'abord assisté à la disparition de la Nouvelle-Orléans. Ville mythique, engloutie sous les eaux telle l'Atlantide. Cette fois, on ne pouvait pas blâmer les terroristes. Il s'agît de la nature qui se déchaîne, sans doute devant notre manque de respect à son endroit. Puis, plus récemment, les temples à finance, réputés plus solides que le rock, se sont écroulé, cette fois virtuellement, mais les effets ont été bien réels. À moins que...Ce n'est pas par hasard si le monde des Facebooks et autres réseaux internet obtient un tel succès. Ce repli vers un monde virtuel n'est qu'une des manifestations de cette capitulation devant l'inéluctable. La montée du religieux dans notre société laïque est un autre signe. On peut mettre sur pied toutes les commissions qu'on voudra, l'accommodement des immigrants islamiques n'est pas le seul responsable de cet intérêt nouveau pour les questions religieuses. La moindre déclaration du Pape fait maintenant les manchettes. On ne cherche pas bien sûr à retourner aux églises ou à réintégrer le culte Chrétien; tout cela reste beaucoup trop contraignant pour nos âmes de consommateurs compulsifs. Mais on cherche Dieu, de toute évidence. Ou en tout cas, le Messie. Comment expliquer autrement que tant de gens de bon sens et habituellement pragmatiques aient cru et croient toujours que Obama règlera nos problèmes. Un Messie charpentier de Galilée c'est une chose, mais politicien de Chicago ? Les voies de Dieux seraient vraiment impénétrables. Après moi le délugeIl apparait peu probable que le monde s'arrête à la date exacte prévue par les Mayas. Mais peut-être se seront-ils trompés seulement de peu. Il se pourrait bien que d'ici quelques décennies à peine, on soit en mesure de prédire avec grande exactitude la fin prochaine de notre monde. Je dois avouer que cela règlerait le problème très narcissique que j'ai à imaginer le monde sans moi. Le monde continuerait d'exister et je ne serais pas là pour en profiter? Je le trouve déjà parfaitement inutile même lorsqu'il tourne autour de moi, alors c'est vous dire... - Ben (13 novembre 2009) |