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Je ne sais plus qui a dit que pour accéder au pouvoir, un homme doit se laisser aller à toutes les bassesses et pour l'exercer, il doit faire preuve de grandeur. Or, il est difficile de trouver ces deux traits chez une même personne.
Mais voilà que Barack Obama semble faire mentir cette maxime en démontrant exactement l'inverse. Il a su gagner la Maison Blanche en menant une campagne brillante et en faisant appel à l'intelligence des électeurs. Depuis qu'il est en poste cependant, on le voit progressivement abdiquer devant les forces réactionnaires de l'Amérique pour s'assurer un second terme alors que le premier vient à peine de débuter.
Jetons un coup d'œil rapide sur son bilan des premiers six mois:
- La prison de Guantanamo dont il a ordonné la fermeture dans le tout premier décret qu'il a signé en tant que Président est toujours en opérations.
- Bien que plus discrètes, les troupes américaines sont toujours massivement présentes sur le territoire irakien.
- La plupart des erreurs commises en Irak se répètent en Afghanistan, incluant celle qui consiste à confondre des élections avec la démocratie.
- Obama a signé un programme pour stimuler l'économie évalué à $700 milliards dont plus de la moitié comprend des mesures inutiles destinées à plaire aux tenants d'une idéologie qui a contribué à créer la crise que nous vivons.
- Plutôt que la refonte annoncée des règles entourant les institutions financières, nous avons eu droit à quelques aménagements cosmétiques
- La révolution verte devra attendre avec la création de cette timide bourse du carbone que même les Républicains cautionnent tellement elle est inoffensive.
- Et voilà que l'éléphant est en train d'accoucher d'une souris en matière de santé avec un nouveau programme qui chaque jour se voit amputé des mesures qui briment le pouvoir des assureurs privés.
Pourtant, toutes ces génuflexions devant le statut quo se produisent malgré une opposition décimée qui n'a ni chef, ni direction claire, autre que celle donnée par les animateurs d'extrême droite des radios poubelles. La chambre des représentants est largement à majorité Démocrate et ces derniers contrôlent également le Sénat avec le chiffre magique de 60 sièges. Avec une telle majorité et un taux de popularité qui demeure bien au-delà de 50% dans les sondages pour Obama, George Bush aurait envahit tout le Moyen-Orient et privatisé l'aide sociale.
On me dira qu'au moins, le ton a changé avec Obama. Sans doute, mais pour combien de temps encore. Le Président Obama a troqué le basketball pour le golf, question de rassurer l'Amérique blanche. Il confesse publiquement qu'il prie maintenant tous les jours et que son pasteur lui envoie chaque matin un nouveau texte de la Bible sur son blackberry. Ceci afin de rassurer l'Amérique protestante. On le voit également de plus en plus souvent manger un bon vieux hamburger, histoire de rassurer l'Amérique paresseuse et obèse.
Obama semble avoir compris que si il a été élu Président, ce n'est ni grâce à son discours intelligent, ni grâce à la façon dont il a mobilisé toute une jeunesse en lui faisant croire à un monde différent, mais bien parce que son prédécesseur a entrainé le pays et le monde dans un marasme à la fois économique et militaire sans précédent.
Le malheur, c'est qu'il n'ait pas profité de cet accident de l'histoire pour imposer un changement fondamental dans la société américaine, quitte à n'avoir que quatre ans pour le faire. Ce qu'il nous faut constater aujourd'hui, c'est qu'on peut bien élire des noirs, des femmes ou je ne sais quoi d'autre, on élit d'abord et avant tout des politiciens.
- Ben (26 août 2009)
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Commentaires
Santé
Il faudrait m'expliquer pourquoi la population américaine s'oppose autant à la nouvelle réforme de santé qu'Obama veut mettre en place. Un système de santé public donnerait l'accès à tout le monde. On dit que ça coûte une fortune pour se faire soigner aux États-Unis à moins d'être assuré.
Opposition
Ceux qui s'opposent à la réforme du système de santé sont ceux qui sont assurés et qui n'ont jamais été malades. Ils se croient bien protégés par le système privé et l'augmentation des coûts est souvent absorbée par leur employeur.
Dans l'esprit de l'Américain moyen, ceux qui ne sont pas assurés sont les noirs et les immigrants et il ne veut pas payer pour eux. Le patriotisme américain est un mythe.
Finalement, il y a cette idée, solidement ancrée, que le gouvernement doit être le moins présent possible dans la vie des citoyens. On a peur que celui-ci soit trop interventioniste, qu'il empêche les malades de choisir leur médecin et leur hôpital, ou qu'il rationne les soins dispensés. L'ironie, c'est que ce sont les compagnies d'assurance privées qui se livrent déjà à ces pratiques. On ne cherche pas Big Brother au bon endroit.