Cachez ce voile que je ne saurais voir

LE CULTE

ENTRE L'IGNORANCE ET LA CONNAISSANCE, IL Y A L'OPINION

Cachez ce voile que je ne saurais voir


Un an après le dépôt du rapport de la commission Bouchard-Taylor, la question du voile chez la femme musulmane revient dans l'actualité.
Cette fois, on se demande si la société québécoise, toute tolérante qu'elle soit, devrait accepter que les employé(e)s de sa fonction publique portent le voile islamique ou tout autre signe ostentatoire qui indique quelles sont leurs croyances religieuses.
Pour moi, je le confesse d'emblée, qu'une femme porte un hijab, dans la fonction publique ou ailleurs, ne me pose aucun problème particulier.
En fait, je crois qu'il faudrait exploiter l'idée davantage et exiger des employés de l'État qu'ils portent des signes particuliers nous permettant de reconnaître, au premier coup d'œil, quelles sont leurs croyances fondamentales. On pourrait intituler ce nouveau programme: 'J'affiche fièrement ma bêtise'.
Nous pourrions ainsi inventer certains signes qu'afficheraient ceux qui croient à la réincarnation ou au créationnisme, ou encore pour ceux, plus prétentieux, qui croient que Dieu est 'à l'intérieur d'eux-même'.
Ne nous limitons pas d'ailleurs à identifier les croyances religieuses. J'aurais aimé, par exemple, savoir que le dernier officier du ministère des transport que j'ai rencontré avait un respect inébranlable pour les textes de lois sans égard à leur esprit, lequel, soit dit en passant, lui faisait cruellement défaut. La vie serait beaucoup plus simple si on pouvait distinguer les ignares ou les imbéciles simplement à leur façon de se vêtir.


En définitive, mon problème ne tient pas tellement à ce qu'on laisse une femme musulmane faire son travail en portant un hijab, mais plutôt que l'on confie des responsabilités à quelqu'un qui croit que Allah est grand et qu'il serait offusqué de voir ses cheveux. Le monde de la fonction publique est déjà suffisamment archaïque, sans qu'on en rajoute en embauchant des gens qui considèrent l'archaïsme comme une vertu.
J'en ai assez d'entendre et de lire tous ces journalistes qui, pour la plupart j'en suis sûr, n'ont pas mis les pieds dans une église ou une mosquée depuis des lunes, cautionner la dévotion religieuse sans jamais dénoncer l'ignorance et l'intolérance qui l'accompagnent presque toujours. La `liberté religieuse' qu'ils invoquent régulièrement est un oxymore. La religion, quelle qu'elle soit, nie la liberté et la subordonne à un dieu imaginaire.


Alors oui, laissons les fidèles afficher leurs croyances, mais en leurs disant bien que ce n'est pas le respect qui nous guide, mais plutôt un réflexe d'autodéfense contre leur esprit obtus et leur ignorance célébrée.

- Ben (10 juin 2009)