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Lors du référendum de 1995, les Québécois regardaient tous avec un certain cynisme la manifestation d'amour des Canadiens venus du ROC (rest of Canada) dans leurs autobus jaunes pour nous convaincre de voter non.
En fait, ceux qui ont paradé ce jour-là étaient sans doute sincères. Il existe un bon nombre de Canadiens pour qui le Québec et le fait français représentent une véritable richesse culturelle pour le pays. Malheureusement, pour la majorité des Canadiens, nous ne formons qu'une anomalie historique qui les oblige à retourner la boîte de céréales pour lire l'étiquette anglaise.
Mon travail m'amène à voyager dans toutes les régions du Canada et à rencontrer des Canadiens ordinaires qui au mieux, sont parfaitement indifférents à la situation du Québec et au pire, n'acceptent pas d'avoir à se plier à nos constantes revendications. La seconde attitude se rencontre surtout dans l'Ouest du pays où l'on a en plus l'impression de payer pour la province pauvre que nous sommes devenus.
Peu surprenant donc, que les Vancouverois fassent si peu de place au français dans les cérémonies qui entourent leurs Jeux Olympiques. Ce qui est encore moins surprenant, c'est la sempiternelle suite de litanies exprimées par les commentateurs et politiciens québécois, toutes tendances confondues, sur la façon cavalière avec laquelle le Canada anglais nous traite. Du simple point de vue d'un Canadien ordinaire, le Québec est encore en train de se plaindre de quelque chose. De mon point de vue de Québécois souverainiste et bilingue, mon peuple continue de quémander sa pitance culturelle, incapable de se tenir debout et d'assumer pleinement sa différence. Je n'ai ni besoin ni envie que l'on me traduise de l'anglais au français, l'indifférence des Nord-Américains face à ma culture. Les jeux se tiennent à Vancouver, dans une ville anglophone. C'est à nous et à nos athlètes de parler haut et fort et en français, pour dire que nous sommes ici en terre étrangère, parfois hostile. Le Canada n'est pas notre pays, il est notre terre d'accueil, et cet accueil risque d'être de moins en moins cordial, à mesure que notre poids politique et économique diminuera.
- Ben (16 février 2010)
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